Questions / réponses

1/ Reconnaissez-vous que l'usine était mal entretenue ? Comment réagissez-vous à la qualification « d'usine poubelle » ?

Il est faux d'affirmer que l'usine était mal entretenue et était « une usine poubelle » comme cela a pu être dit.

La sécurité pour Total a toujours été une priorité et le Groupe est en recherche constante d'amélioration sur tous ses sites.
L'usine était certifiée ISO 9002 depuis plus de dix ans et était le premier site de la Chimie du Groupe à recevoir une certification ISO 14001, gage reconnu de performance environnementale.

Enfin, le site a été cité comme référence en matière de maîtrise de l'urbanisation par le ministère de l'Environnement. (Annexe 7 du guide "Maîtrise de l'urbanisation autour des sites industriels à haut risque", octobre 1990).
L'usine a été l'une des premières en France, et  la seule en Midi Pyrénées, à disposer d'un service d'inspection interne reconnu par la DRIRE. Elle avait par ailleurs reçu, en 1998 et en 2000, le « Jupiter d'argent », un prix interne alloué pour 800 000 heures travaillées sans aucun accident du travail, même léger.

On ne peut, donc, accepter la qualification « d'usine poubelle », expression qui a profondément choqué les collaborateurs travaillant sur le site et qui eux aussi, ont été victimes de la catastrophe.
Les anciens salariés du site ont, d'ailleurs, à maintes reprises expliqué aux media  et à la police, qu'ils se sentaient en sécurité dans cette usine et qu'ils n'allaient pas « travailler la peur au ventre » contrairement à ce qu'on a pu lire parfois.

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2/ Que pensez-vous de la déclaration du procureur trois jours après l'explosion « à 99%, c'est un accident industriel » ?

Cette affirmation est apparue très surprenante, en raison de sa rapidité. Dix jours seulement après le 11 septembre, la perspective d'un nouvel attentat hantait les esprits. Il s'agissait peut-être d'éviter toute réaction excessive au sein de l'opinion publique. Mais force est de constater qu'à ce jour, l'instruction n'a pas permis de déterminer la cause de la catastrophe. La nature des phénomènes observés par des centaines de témoins avant l'explosion, et les nombreux travaux réalisés par les experts scientifiques de Grande Paroisse, montrent que la thèse officielle de l'accident chimique n'est pas scientifiquement établie, sans toutefois permettre de connaître la vérité sur l'origine et les causes de cette explosion. 

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3/ Pourquoi avoir créé une commission d'enquête interne après la catastrophe ?

La création de cette commission d'enquête interne a beaucoup été reprochée à Grande Paroisse. Or, la réglementation impose à toute entreprise qui subit un accident industriel la conduite d'une enquête interne sur ses causes et les améliorations à apporter pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise. L'entreprise a l'obligation de faire un rapport. Celui-ci est transmis à la DRIRE, qui le communique ensuite au cabinet du Premier ministre puis à la Commission européenne.
En créant une commission d'enquête interne, l'entreprise a donc rempli une obligation légale d'information.
Compte tenu de la complexité technique de cette catastrophe, Grande Paroisse a fait intervenir plusieurs experts. Des tiers scientifiques et des laboratoires externes ont été associés à cette commission, ce qui est également  gage d'objectivité.
En outre, Grande Paroisse, en tant qu'industriel responsable a voulu tout mettre en œuvre pour connaître la cause réelle et précise de cette catastrophe. L'objectif était de prendre les mesures nécessaires pour éviter qu'elle ne se reproduise à l'avenir, dans le Groupe ou dans la profession.
Enfin, le Groupe devait et doit la vérité aux victimes, à tous les Toulousains et aux collaborateurs qui travaillaient sur le site.

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4/ Quel est le scénario le plus vraisemblable selon vous ?

Grande Paroisse ne privilégie à ce jour aucune hypothèse.
Mais elle constate, d'une part, que le scénario de l'accident chimique décrit par les experts au pénal est scientifiquement faux. D'autre part, que ce scénario laisse sans aucune explication de nombreux phénomènes antérieurs ou précurseurs à l'explosion, décrits par des centaines de témoins.
Grande Paroisse a pu également constater que certaines pistes ne donnaient pas lieu à des investigations très approfondies de la part des enquêteurs. A ce jour, de nombreuses contradictions et questions demeurent sans explication ou réponse dans le dossier pénal.
Une seule conviction demeure : l'explosion a été initiée dans le tas principal du hangar – ce qui était d'ailleurs l'avis catégorique des experts judiciaires dans leur rapport huit jours après la catastrophe.

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5/ Pensez-vous appuyer l'hypothèse d'un acte de malveillance, voire de terrorisme ?

La police judiciaire s'est intéressée à différents faits qui se sont produits peu de temps avant et pendant le sinistre :
- les comportements soudainement agressifs et les menaces proférées par certains manutentionnaires à l'intérieur du site vis-à-vis de chauffeurs d'entreprises extérieures ;
- le corps d'un homme retrouvé à la suite de l'explosion « étrangement vêtu », qui s'est révélé être celui de la personne la plus agressive ;
- le contenu d'une enquête des Renseignements généraux.
Cependant, tous ces éléments demeurent insuffisants.

Contrairement aux déclarations des experts pénaux, un acte volontaire et criminel à l'origine de l'explosion est tout à fait plausible et techniquement possible. Néanmoins il n'est pas dans le rôle de Grande Paroisse de mener ce type d'enquête. Elle n'en avait ni le droit, ni les outils, ni les connaissances nécessaires.
À ce jour, Grande Paroisse est intimement convaincu, avec une partie importante de la communauté scientifique, que l'accident chimique n'est pas la cause effective de la catastrophe. Un acte volontaire pourrait avoir techniquement déclenché l'explosion, mais cette hypothèse n'a pas donné lieu à des investigations approfondies en temps utile. Il en va de même pour certaines autres pistes.
La cause de la catastrophe est, par conséquent, aujourd'hui encore indéterminée.

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6/ Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de dissimuler la vérité sur ce qui s'est réellement passé ce 21 septembre ?

Dès le premier jour, Grande Paroisse a collaboré avec la police et les experts pénaux pour rechercher la cause réelle de cette catastrophe. Elle leur a communiqué sans restriction toute sorte de documents. Son personnel s'est tenu à la disposition des enquêteurs pour répondre à leurs questions et expliquer le fonctionnement de l'usine. Les investigations de la commission d'enquête interne, les analyses, les expertises et auditions de témoins ont été communiquées à la justice dès que celle-ci en faisait la demande. Grande Paroisse a été totalement transparente.
La recherche de la vérité s'est révélée difficile et le Groupe comprend parfaitement l'impatience des victimes devant l'absence d'explication, sept ans après le drame. Néanmoins, il faut souligner que Grande Paroisse et Total n'ont aucun intérêt à dissimuler la vérité quelle qu'elle soit.
Au contraire, il est important de savoir ce qui s'est passé le 21 septembre 2001. Total et Grande Paroisse doivent la vérité aux victimes, aux Toulousains et collaborateurs ayant travaillé sur le site. Il est absolument nécessaire  de comprendre l'origine de cette catastrophe pour que non seulement Grande Paroisse mais aussi toute la profession, puissent prendre les mesures nécessaires afin d'éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise.

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7/ Total reconnaît-il enfin sa responsabilité dans l'explosion ?

Le fait d'indemniser les victimes ne vaut pas reconnaissance de responsabilité de la part de Total dans l'origine de l'explosion.
Grande Paroisse et le Groupe considèrent qu'à ce jour, la véritable cause de la catastrophe n'a toujours pas été trouvée et espèrent que le procès fera la lumière sur ce qui s'est passé
Les représentants de Grande Paroisse, filiale du Groupe Total, et leurs avocats montreront d'une part que la thèse soutenue par les experts pénaux n'est pas techniquement, pratiquement et scientifiquement valable, et d'autre part que l'usine était bien tenue et conforme à la réglementation Seveso II.

Pour mémoire, il faut rappeler que Total n'est pas renvoyé devant le Tribunal correctionnel. Le Groupe a fait l'objet d'une citation directe par une association, bien que la Chambre  d'instruction ait exclu, le 3 mai 2007, dans son arrêt la possibilité de poursuivre Total. Cela fait partie des particularités de la procédure française.

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